Déportés par la foule...
- Déportés par la foule...
- 29 déc. 2015
- 2 min de lecture
Qui exhume l'émotion commune des entrailles d'un monde où l'isolement détermine l'expression prépondérante du diktat d'un ersatz d'individualisme.

Qui nous draine, nous entraîne vers l'illusion d'une communauté de l'instant.
Tellement ses retrouvailles avec nos semblables nous paraîtraient insupportables si elles devaient s'éterniser. D'ailleurs, la permanence semble source d'une anxiété folle et quasi-absurde. Seule l'agitation frénétique et inconstante caractériseraient la modernité alors que le mouvement ne s'oppose en rien à la permanence. Cette constance, cette détermination à la limite de l'entêtement, cette ritualisation qui fixent pourtant l'attachement à des idées, à des valeurs, à des personnes. C'est ce mode « plan-plan » à l'air flanqué de passéisme qui est pourtant la source de sérénité dans laquelle beaucoup ont puisé le chaos-créatif. La fameuse répétition qui agace tant, cette histoire sans fin de « boulot-métro-dodo », cette vaine haine de l'habitude ne viendrait-elle de notre incapacité à l'étonnement ? Ou de notre schizophrénique désir à vouloir du nouveau, tout en refusant une grosse part de ce que réclame ce changement ?
Je vous le demande en même temps que je me donne la question....
Cette quête insensée pour récupérer : l'odeur, le regard, la posture, l'expression de l'autre à travers ses moments de grands rassemblements autour d'une cause et/ou d'un événement qui va nous fédérer en apparence...Deux heures pour un match de foot, idem pour un concert ou un rendez-vous avec Molière. Ah ! Par contre, y faudra bien compter sur une matinée, voir une journée, pour une manif. Trois ou quatre jours pour un festival : ça frise l'indécence cette pseudo-proximité !
Pour finir par les grands champions de l'arène : Les drames, supers bandants-vachement vendeurs...comme ces belles communions dans l'âme de la sociale ressuscitée après les attentats du vendredi 13! MA-GNI-FI-QUE...
Ce petit couplet méprisable et vaniteux que nous rejouons plus de fois que nécessaire pour combattre un « ennemi » que nous avons crée, nous permettant ainsi de justifier notre ré-union.
Alors : État d'urgence ? Ou État de providence ?
Et c'est à ce moment là, je veux dire celui de la critique, que les cordes vocales de quelques insurgés dégueulent : « Ben ! Puisque vous êtes si maligne, vous proposez quoi ? ». Bégaiement absolu face à l'idée qu'il faudrait que je me mette à penser à la place de mes alter-ego. Je veux bien réfléchir avec eux, mais pas à leur place.
Foule personnifiée, personnes foulées...Horrifiée je suis !
Revenir à la simplicité je veux...connaître ma voisine octogénaire aux airs de « Tatie Danielle » et à la chanson douce cachée sous les feuilles de l'isolement d'un veuvage tortionnaire. Sourire aux hommes vêtues de puantes combinaisons qui viennent enlever mes déchets et les vôtres. Replonger dans ce songe éveillé qui me fit découvrir la note bleue dans l'île Blues des pupilles d'un musicien. Transformé l'ordinaire en extra, et l'extra en ordinaire...Que la foule cesse son manège pour que nous puissions monter dessus, par-dessus le toit des mondes !
Merci à tous les égoïstes qui offusquent tous les jours la croyance en l'acte gratuit, et rétablissent ainsi le seul ordre commun : Soi.
Moins de prétentions, plus d'égalité.
Une Indivisible nommée Tue-mouche


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